Depuis le début de l’année 2026, plusieurs services publics français ont été visés par des cyberattaques et des fuites de données. Un numéro de l’émission Cash Investigation sur France 2 s’est penché sur cette vague d’attaques. Voici les principaux incidents rapportés par la presse et les réflexes à adopter.
Les incidents rapportés en 2026
- Janvier : la plateforme GAEL, qui gère les diplômes DELF et DALF, aurait été piratée, avec des données concernant environ 5,8 millions de personnes.
- Février : les données d’environ 377 000 candidats de la plateforme « Choisir le service public » auraient été dérobées. La DGFiP a par ailleurs annoncé une violation de données bancaires touchant 1,2 million de contribuables.
- Avril : l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a été visée, avec, selon des médias spécialisés, plusieurs millions de comptes potentiellement concernés.
- Juin : l’Insee a reconnu une cyberattaque, avec les données de 12 800 agents et anciens agents.
Ces chiffres proviennent d’articles de presse et de questions parlementaires. Il n’existe pas, à notre connaissance, de bilan officiel consolidé de l’État : certains chiffres circulant sur le nombre total de services touchés ne sont pas vérifiés.
Quels risques pour vous ?
Avec une identité, une adresse, un numéro de téléphone ou un IBAN, des escrocs peuvent monter des arnaques très crédibles : faux courriels de l’administration, faux appels de conseillers bancaires, usurpation d’identité.
Les bons réflexes
- Ne cliquez pas sur un lien reçu par SMS ou courriel qui prétend venir d’un service public ; allez directement sur le site officiel.
- Changez vos mots de passe et ne réutilisez jamais le même d’un site à l’autre.
- Activez la double authentification partout où c’est possible, notamment sur FranceConnect et vos comptes bancaires.
- Surveillez vos comptes bancaires et signalez toute opération suspecte à votre banque.
- Signalez les tentatives d’arnaque sur le site de Cybermalveillance.gouv.fr.
Si vos données ont fuité
Conservez le message d’information reçu, changez vos mots de passe, prévenez votre banque si l’IBAN est concerné et, en cas d’usurpation d’identité, déposez plainte. Pour un exemple récent et concret, lisez aussi notre dossier sur la fuite de données Revolut.
Pourquoi les services publics sont-ils visés ?
Les administrations détiennent des fichiers très riches : identité, adresse, situation familiale, coordonnées bancaires. Ces données ont une forte valeur pour les escrocs, qui les revendent ou les utilisent pour des arnaques ciblées. Les systèmes sont par ailleurs nombreux, anciens et gérés par de multiples acteurs, ce qui complique leur protection.
Comment savoir si vos données ont fuité ?
- Vous avez reçu un message officiel de l’organisme concerné : conservez-le et suivez ses consignes.
- Vous pouvez vérifier votre adresse e-mail sur un service de contrôle des fuites reconnu.
- Soyez attentif à des appels, SMS ou courriels inhabituels mentionnant des informations très précises sur vous.
Questions fréquentes
Dois-je changer de numéro de téléphone ?
Ce n’est en général pas nécessaire. Soyez simplement prudent avec les appels et SMS inconnus et ne communiquez jamais de code reçu par SMS.
Puis-je porter plainte ?
Oui, surtout en cas d’usurpation d’identité ou de préjudice financier. Conservez toutes les preuves.
L’administration doit-elle me prévenir ?
En cas de violation de données personnelles présentant un risque élevé, l’organisme responsable doit informer les personnes concernées. En pratique, les délais et les formes varient selon les cas.
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